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De l'économie du temps - Par Noureddine Batije

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Nul ne sait de quoi demain sera fait. C'est le flou total.
Il y a ceux qui tentent, un tant soit peu, de sauvegarder l'existant, ceux qui se préparent au pire et ceux qui se projettent dans le futur en anticipant des lendemains meilleurs.

N'empêche, que tout ce beau monde s'accorde sur le fait que le monde manque de visibilité, baigne dans une sorte d'incertitude presque absolue et se livre à un jeu de probabilité ou le hasard est le maître-mot.
 
Un hasard conditionné par la survenue de moult petits hasards dépendant à leur tour de la réalisation ou non de bien d'autres hasards.
 
A défaut de saisir, intuitivement l'instant au sens épistémologique de Gaston Bachelard, l'on s'installe dans le confort, plus ou moins, illusionniste de la durée au sens de Bergson pour être ,brusquement, réveillé par le triptyque emploi, intérêt et monnaie de John Maynard Keynes.
 
Or, en économie, le temps est tout aussi une ressource, à l'image des autres inputs.
 
Souvent, omis dans l'analyse économique, sa réhabilitation ou prise en considération s'avère être un outil explicatif d'une très grande portée.
 
N'est-il pas cet instrument qui, de loin, fédère en de véritables partenaires, entrepreneur, investisseur et régulateur.
 
L'entrepreneur, qui navigue à vue et s'aventure dans l'avenir sans nulle certitude ou garantie aucune, l'investisseur, qui transporte la liquidité dans le temps en espérant retour sur mise et le régulateur public, qui, normalement soutient la cadence, veille au respect des règles de jeu et influe sur le rythme d'un éventuel changement.
 
Un changement qui, à l'aune du contexte actuel, peut être l'œuvre de banques centrales qui, en tant qu'autorités monétaires, ont un rôle de régulation de la monnaie et de maintien de l'inflation à des niveaux acceptables  par le biais de manipulation du taux d'intérêt directeur selon une politique accommodante ou politique expansive en baissant les taux ou, au contraire, en menant une politique monétaire restrictive en augmentant leur taux.
 
Laquelle manipulation est censée se transmettre au reste de l’économie et au reste des marchés à travers ses effets sur les taux d’intérêt, les anticipations des agents économiques et les prix des actifs, dont la variation affecte la demande globale de biens et services et in fine, l’inflation.
 
Au Maroc, Bank Al Maghrib, de par ses statuts, est tenue de veiller à la stabilité des prix à même de préserver le pouvoir d’achat des citoyens et de favoriser l’investissement et la croissance.
 
En optant pour le statu quo lors de son dernier Conseil, en dépit d'une inflation élevée, Bank Al-Maghrib joue sur le temps en accordant du temps au temps. Pour ne pas dire du wait and see.
 
Et dire que dans un univers en perpétuel changement, aujourd'hui, c'est déjà, demain.



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