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L’essoufflement de la démocratie électorale 2.0 - Par Aziz Boucetta

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Chaque pays démocratique a son type de démocratie, il n’existe aucun système transversal, sauf dans les grandes lignes et les formes générales des systèmes électoraux. En Amérique ou en Afrique, en Europe ou en Asie, les Etats ont mis en place leur procédures électorales, fondées sur des partis, des lois et des institutions, et puisant dans leur histoire. Mais là où les choses convergent, c’est dans le besoin, voire l’impérieuse nécessité, de faire évoluer les représentations politiques.

Les sociétés ont changé, et les humains d’aujourd’hui ne sont plus vraiment les mêmes que ceux d’hier, nonobstant leurs âges, leurs lieux de résidence ou leurs préférences. Ils sont dans une réalité de moins en moins réelle, une virtualité croissante, une immédiateté de l’échange et de l’information (souvent de la désinformation) … autant d’éléments qui changent la configuration du positionnement politique, et donc, conséquemment, de la demande, et bien évidemment du vote..

Internet et les réseaux sociaux ont profondément modifié les règles du jeu. Désormais, la voie est grande ouverte aux populistes et aux nantis, souvent les deux. Les premiers disent tout e t son contraire, du grand n’importe quoi, n’importe quand et n’importe où, pour complaire à leurs « fidèles ».  Les seconds « achètent » leur électorat, en ciblant, criblant, martelant, orientant leurs discours vers des niches présélectionnées et directement visées, au moyen d’agences de communication digitale, de mesures d’influence, de captation d’électorat.

Et de fait, que voyons-nous autour de nous, dans les démocraties que nous connaissons car proches de nous ? De nouveaux partis politiques, avec de nouvelles idées reflétant les nouveaux courants de la société, ou de nouveaux personnages emblématiques, au verbe facile et au raisonnement souvent difficile, mais qui a son public.

En France, par exemple, pour ceux qui suivent l’actualité de ce pays, la scène politique a changé en dix ans : Plus de PS ou de PC, ou désormais invisibles, plus d’UMP ou de FN, qui ont changé d’identité, des LFI, LREM et même des mots avec point d’exclamation, comme Ensemble ! ou Reconquête ! Et même la France insoumise s’est diluée dans ce qu’on appelle la Nupes. La raison en est une adaptation de l’offre politique à la demande qui a évolué. Il en va de même en Espagne avec Podemos, Ciudadanos ou encore Vox, bien que les partis traditionnels essaient encore et toujours de résister. En Italie, en Grèce,…

Et lorsque l’offre politique demeure et persiste inchangée, alors on va chercher de nouveaux personnages, tous plus originaux, voire excentriques, les uns que les autres. C’est le cas du milliardaire Donald Trump avec le parti républicain US, du trublion Boris Johnson au parti conservateur britannique, du financier libéral Mario Draghi en Italie, de l’ex-amuseur public ukrainien Volodymyr Zelensky, récemment érigé en héros, de l’inquiétant Rodrigo Duterte aux Philippines, et bien d’autres encore.

Et au Maroc ? Rien. Les partis qui existaient auparavant, avec les anciennes règles et les anciennes attentes sont toujours là, bien qu’un électorat nouveau ait émergé, avec de nouvelles attentes liées aux conditions du monde d’aujourd’hui. Pas de renouvellement de leurs élites, en dépit des changements de secrétaires généraux ; on change les noms mais on garde tout le reste. Seul le RNI a pu, il faut le reconnaître, innover dans son discours, s’approcher de la population cinq années durant, accrocher les éventuels électeurs, les écouter et recueillir leurs doléances, commander un programme chiffré…

Mais tout cela est étroitement lié, il faut le dire aussi, à la personne, et surtout à la fortune, de son président. Bien malin qui pourrait prédire ce que deviendrait ce parti après le départ de M. Akhannouch qui, depuis septembre, a quelque peu abandonné son rôle de chef de parti pour se consacrer à celui de chef du gouvernement.

Une tentative timide a bien eu lieu, avec le Mouvement Maan, et une idée a bien été lancée aussi par l’influenceuse Mayssa Salama Ennaji pour la création d’un parti. Cela signifie deux choses. Que sans argent, il est difficile à un parti de voir le jour, comme le savent aujourd’hui les jeunes talentueux de Maan, et que sans initiative de quelque partie que ce soit dans une arène politique déserte, il existe le risque de l’émergence d’une personnalité venue de nulle part et capable de rassembler, de mobiliser, de ratisser, et d’emporter les élections. Pour plonger dans un inconnu légitime que personne ne souhaite.

Mais ce qui demeure certain est que la désaffection de l’électorat est une tendance qui se confirmera à l’avenir, du moins sans changement ni évolution de la classe politique. Entre la faune et la flore représentant la politique partisane dans ce pays, il est temps de trouver des leaders dignes de ce nom pour une population de plus en plus indignée.



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