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Le Maroc politique serait-il en roue libre ? - Par Aziz BOUCETTA

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L’incompréhension s’étale… et le malaise s’installe. Nombre d’événements sont survenus ces derniers mois, ici et ailleurs, créant un sentiment assez diffus et opaque d’interrogation, voire d’interrogations.

Le gouvernement, à n’en point douter, tente de faire le job, multiplie les avancées, annonce des réalisations et affiche aussi tant d’hésitations. Mais il est un fait que son chef est malaimé, et cela ouvre sur une confusion préoccupante et une cacophonie assourdissante.

Sommes-nous en train de vivre une remise en cause plus importante de l’intermédiation politique, les corps dédiés à cet effet étant en crises multiples ? Crise de crédibilité avec un parti dominant démonétisé et deux partis alliés plus que prudents, tous deux étrangement silencieux, crise de représentativité des partis qui semblent presque tous reclus à Rabat, crise dans les relations avec les populations qui, harassées et désormais troublées, expriment leurs colères sur les réseaux sociaux...

Plusieurs faits attestent de cela.

1/ La crise des prix des carburants. Pour paraphraser Yves Montand, les augmentations, y'en a pas qu'au Maroc, il y en a dans le monde entier, oui mais dans le monde entier, Y'a pas partout un chef de gouvernement ex-pétrolier et semble-t-il dépassé, v’la l’ennui !... Les prix qui montent, parallèlement aux cours internationaux, mais qui ne baissent pas comme ces mêmes prix internationaux… une raffinerie dont le gouvernement n’a que faire et n’en fait rien, mais que les économistes, experts et spécialistes appellent de leurs vœux… des hashtags à la force montante, à vitesse croissante, montrant une colère inquiétante… Et en face, un silence dangereux devenant coupable.

2/ La dépêche de la MAP. Comme Don Quichotte s’attaquant aux moulins à paroles que sont les réseaux sociaux et sans que rien ne le laisse penser, la MAP attaque. Elle attaque tout pour défendre son champion, le chef du gouvernement, sortant de son rôle d’information pour endosser celui de la protection de « simples citoyens » à ses yeux « manipulés », et oubliant qu’en 2022, « les moyens que donne la démocratie » englobent aussi les réseaux sociaux. A moins d’aspirer à limiter, juguler, étouffer, la liberté d’expression que désormais, rien ni personne ne peut retirer aux Marocains.

3/ Les élections partielles. Des législatives partielles se sont tenues, entre autres à al Hoceima et à Meknès, le RNI a triomphé, le PJD continue de couler. Abdelilah Benkirane, agacé et courroucé, conteste les résultats, relevant l’anomalie d’une participation de 73% dans une petite commune, alors même que la moyenne de ce taux était de 15 à 18% sur l’ensemble des bureaux de vote. Ce faisant, il se départit de la loyauté inhérente à tout système de consolidation de la démocratie, étape suivant la transition dans laquelle nous semblons tarder, une loyauté qui s’inscrit dans la tradition de l’acceptation des résultats électoraux…

Le ministre de l’Intérieur s’énerve à son tour et se fend d’un communiqué incendiaire contre le PJD et son Secrétaire général qui fut, quand même, chef du gouvernement, et dans lequel il accuse le parti de tous les maux antidémocratiques.

Les deux ont eu tort en étalant leurs litiges et différends sur la place publique, qui n’en a vraiment pas besoin en cette période faite de crises multiples. Les deux ont eu tort, oubliant qu’il existe dans ce pays une institution qui s’appelle la justice et qui, en cas de litige ou de différend entre personnes ou organisations, dit le droit, et tranche.

4/ La sortie hasardeuse du président de la Chambre des représentants. En principe politicien expérimenté et aguerri, en général allusif, voilà Rachid Talbi Alami qui se fend d’un mot malheureux à l’égard des internautes auteurs ou suiveurs actifs des hashtags demandant la démission du chef du gouvernement. « Des malades » dit-il, auquel il souhaite un prompt rétablissement !... Après le fameux et malheureux « mdawikh » de Mohamed Boussaid en 2018 et la sinistre « rééducation » des Marocains appelée de ses vœux par Aziz Akhannouch en 2019, voilà Rachid Talbi Alami qui complète la trilogie du mépris du RNI en 2022. Sauf qu’en 2022, le RNI doit se considérer comme le parti dirigeant tous les Marocains, même les « malades » supposés par M. Talbi Alami.

Que se passe-t-il dans le royaume ? Un observateur étranger répondrait que tout va bien, et que ces dissensions et viriles saillies sont le signe d’une société vivante et vivace. Un Marocain serait plus sceptique… Beaucoup de choses se passent, ou ne se passent pas, en si peu de temps. Le gouvernement ne gouverne pas et son gouvernail s’agite tellement que la trajectoire du navire dévie ; le parlement, supposé contrôler l’action du gouvernement, l’applaudit à tout rompre sans se poser de questions qu’il semble au demeurant bien incapable de concevoir ; et la justice attend… pendant que la colère monte.

Et tout cela intervient à quelques jours du discours royal du Trône. Rarement un discours du roi Mohammed VI aura été tant attendu. La récréation a trop duré dans la gouvernance…



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